Rentrée littéraire 2019

Rentrée littéraire 2019

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En stage au magazine Lire (le numéro de la rentrée paraîtra demain 22/08) ces trois derniers mois, j’ai eu l’occasion de lire en avant-première quelques ouvrages – mais malheureusement pas assez – de la rentrée littéraire. Si sur 524 ouvrages à paraître je n’en ai lu qu’une petite quinzaine, cela a été un véritable plaisir. J’ignorais l’existence de nombreuses maisons d’éditions, notamment des toutes petites, et je regrette un peu, au vu de cette photo, de ne pas avoir davantage varié mes choix. J’ai donc lu :

A toute vitesse sur la nationale du 77, Marin Fouqué, chez Actes Sud. J’ai vraiment apprécié ce premier roman qui capte le réel de la vie en Seine-et-Marne. Par son rythme et une stylistique remarquablement maîtrisée, le roman donne une telle puissance aux mots, de sorte à produire un effet quasi sidérant en décrivant la réalité d’une vie banale, sous un pauvre petit abris-bus. Chronique à venir.

Déçue par Loo Hui Phang, L’Imprudence, Actes Sud et Tous tes enfants dispersés de Beata Umubyeyi Mairesse, (Autrement). Je n’ai pas été séduite par le style d’écriture du roman de Loo Hui Phang : la narratrice s’exprime à la deuxième personne du singulier et au présent, à son frère — c ’est un procédé d’écriture que je n’aime pas. De même pour Tous tes enfants dispersés, et c’est vraiment dommage puisque le sujet – personnage qui, ayant échappé au génocide du Rwanda, revient sur sa terre natale – était plutôt intéressant. C’est certainement dommage que je ne sois pas allée au bout, mais si un roman ne m’emporte pas dès les premières pages – enfin compte tenu de sa longueur – je ne vois pas l’intérêt de le continuer…

Mais parfois, notre instinct nous incite à poursuivre la lecture. C’était le cas pour Nouvel An de Juli Zeh (Actes Sud). Roman qui, sur les 200 pages qu’il comporte, ne se tient que sur les cent (très bonnes) pages du milieu. Le début et la fin ne servant, à mon sens, que de décor. Chronique ici.

Pour les nostalgiques de la Coupe du Monde de football – et les amateurs de sport & de littérature (et de Brahms) – vous allez aimer Bleu Blanc Brahms de Youssef Abbas aux éditions Jacqueline Chambon. Comme Hakim, vous traverserez « la finale de la Coupe du monde [de 1998] au milieu de la Pléiade », sur un « halo sonore de Brahms ». Chronique ici.

Revenir sur le passé, c’est aussi le parti pris de Yancouba Diémé avec son premier roman, Boy Diola, chez Flammarion. Le narrateur-auteur revient sur le passé de son père, du périple de Dakar à Marseille, et de la vie en banlieue parisienne. Là aussi le sujet est intéressant, mais je regrette que le récit n’aille pas davantage en profondeur. Je ne suis restée qu’en surface, j’ai effleuré les personnages mais la « connexion » n’a pas eu lieu. Je retenterais éventuellement à l’avenir, ce n’était peut-être juste pas le bon moment pour le lire.

Période de forte chaleur pour la planète, 40°C, Victor Jestin l’avait prémédité. Dans son premier roman intitulé La Chaleur (Flammarion), le narrateur, Léonard, 17 ans, ne supporte pas ces hautes températures, qui l’obligent d’ailleurs à arpenter le peu d’ombre des arbres du camping des Landes. Et s’ajoute à cette chaleur accablante le poids de la culpabilité : la mort d’Oscar qu’il porte comme un fléau. Chronique ici.

D’actualité encore, le nouveau roman de Karine Tuil, Les Choses Humaines (Gallimard), nous plonge au cœur d’une affaire de viol, en plein post #MeToo. Un roman qui nous met dans tous nos états – mais surtout de la colère. Chronique ici.

« Le ciel est, par-dessus le toit, | Si bleu, si calme ! » Les vers de Verlaine sont au cœur même du roman de Nathacha Appanah, Le Ciel par-dessus le toit, (Gallimard). Un très beau roman, sans doute mon préféré. Et j’ai pu interviewer Nathacha Appanah pour le numéro spécial Rentrée Littéraire de Lire, pour le « Vu de ». Chronique ici.

Une bête au paradis de Cécile Coulon (L’Iconoclaste) : je ne partage pas l’engouement autour de ce roman. Toutefois, je l’ai lu en entier : il n’est pas nul, mais n’a rien d’extraordinaire. Je ne connaissais pas Cécile Coulon, donc je ne peux pas comparer avec ses précédents romans, mais je dois dire que je partage en partie la critique de Laetitia Favro dans Lire : « il n’en jaillit aucune émotion » (mais attention, sa critique ne se limite pas à ça).

Aux éditions de l’Ogre, que je ne connaissais pas, j’ai lu le roman de Lucie Taïeb, Les Echappées. Un roman de la révolte un peu particulier, où le style poétique est parfois un peu agaçant, mais que j’ai bien aimé dans l’ensemble. Chronique ici.

Je n’avais jamais lu de roman de Marie Darrieussecq, et je peux vous assurer que La Mer à l’envers (P.O.L) est envoûtant, et certainement celui qui amène au mieux la lectrice ou le lecteur à se questionner sur la société actuelle. Chronique ici.

Aux éditions du Seuil, j’ai lu La Télégraphiste de Chopin d’Éric Faye et Louvre de Josselin Guillois. Le premier roman l’emporte largement sur l’auteur de Nagasaki (Éric Faye), prix du roman de l’Académie française. L’enquête menée sur une certaine Vera qui reçoit le fantôme de Chopin à Prague, dans les années 1990, manque un peu de dynamisme sur sa fin – chronique à venir. Quant à Louvre, la façon d’aborder l’épisode de la migration des œuvres d’art pendant la Seconde Guerre mondiale est originale, et offre un prisme de lecture intéressant sur le monde de l’art – et convient aux non amoureu.ses.x, mais simplement curieu.ses.x des œuvres d’art. Chronique ici.

Enfin, le premier roman d’Alexandre Labruffe, Chroniques d’une station-service chez Verticales, était une lecture très agréable. Si son titre fait froncer les sourcils, le roman, lui, par ses petites touches d’ironie, est drôle, et en même temps offre une analyse méticuleuse sur le mythe de la station-service. Chronique ici.

Je n’ai malheureusement pas pu terminer mes lectures d’Olivia Rosenthal, Eloge des bâtards (Verticales) ni de Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon de Jean-Paul Dubois (L’Olivier), mais seront-ils sur la liste du prix France Culture-Télérama du roman des étudiants… ? Par ailleurs, j’avais aussi commencé Par les routes (Gallimard) de Sylvain Prudhomme, et le peu que j’ai lu est très, très beau – ruez-vous en librairie.

Si dans l’ensemble les romans sont bons, à ce premier stade je dois dire que la rentrée littéraire 2018 me plaisait davantage. Pas de coup de cœur comme sur celui de Pauline Delabroy-Allard, Ça Raconte Sarah, ou de romans stimulants comme Par les écrans du monde de Fanny Taillandier. Mais la rentrée ne fait que commencer…

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