François Ruffin, Les petits soldats du journalisme

François Ruffin, Les petits soldats du journalisme

« A force d’imiter les rédactions in vitro, le Centre finit par offrir une caricature – hautement révélatrice. Comme dans un miroir grossissant, se découvre au CFJ un reflet des médias, de leurs certitudes, de cette vulgate qui maquille le conformisme en professionnalisme. Comme par le trou d’une serrure, la profession s’exhibe sans fard, sous une lumière crue, dénudée de ses mythes : « Dans un an, vous serez journalistes, ironise un intervenant, vous entrerez dans ce que j’appelle ‘‘le complot de famille’’. C’est-à-dire des règles qui peuvent scandaliser les gens, mais bon, c’est comme ça que la machine fonctionne. »

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Jean-Christophe Bailly, L’Instant et son ombre

Jean-Christophe Bailly, L’Instant et son ombre

« Une photo est venue, s’est soulevée, ou s’est extraite, a surgi. De la masse ou de l’immense et infini feuilletage, une photo, une seule a eu ce pouvoir – celui, d’un temps, de surgir ainsi, en capturant le sens, en fixant la question: comme si tout le pouvoir et toute l’étrangeté de l’image s’étaient inscrits en une seule d’entre elles, et celle-là. Avec aussitôt, il faut le noter, un pouvoir d’appel de cette photo en direction d’une autre, non identifiée mais formant derrière la première comme un estuaire obscur. Et lorsque j’ai compris vers quoi, vers quelle autre image la première, celle qui donc avait surgi, faisait signe, j’ai vu s’ouvrir un écart : l’espace d’un livre, toute une affaire à raconter, celle du chemin allant de l’une à l’autre – une histoire d’ombres brûlées, de temps suspendu, avec la possibilité de voir revenir, mais alors secoués, les vieux schèmes de la présence et de l’absence, de la masse du détail, du temps filé, ou filant, et du temps stoppé net. Toute la dramaturgie de ce qui porte l’essence de l’image. L’histoire d’un glissement de (ou dans) la pensée – et je voudrais que cela puisse être ou devenir comme un genre, un genre de récit. »

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Marielle Macé, Nos cabanes

Marielle Macé, Nos cabanes

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« Faire des cabanes en tous genres – inventer, jardiner des possibles ; sans craindre d’appeler « cabanes » des huttes de phrases, de papier, de pensée, d’amitié, des nouvelles façons de se représenter l’espace, le temps, l’action, les liens, les pratiques. Faire des cabanes pour occuper autrement le terrain ; c’est-à-dire toujours, aujourd’hui, pour se mettre à plusieurs. »

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