Maylis de Kerangal, Réparer les vivants

Maylis de Kerangal, Réparer les vivants

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« Le cœur de Simon migrait dans un autre endroit du pays, ses reins, son foie et ses poumons gagnaient d’autres provinces, ils filaient vers d’autres corps. Que subsistera-t-il, dans cet éclatement, de l’unité de son fils ? Comment raccorder sa mémoire singulière à ce corps diffracté ? Qu’en sera-t-il de sa présence, de son reflet sur Terre, de son fantôme ? Ces questions tournoient autour d’elle comme des cerceaux bouillants puis le visage de Simon se forme devant ses yeux, intact et unique. Il est irréductible, c’est lui. »

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Annie Ernaux, Les Années

Annie Ernaux, Les Années

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« Tout s’effacera en une seconde. Le dictionnaire accumulé du berceau au dernier lit s’éliminera. Ce sera le silence et aucun mot pour le dire. De la bouche ouverte il ne sortira rien. Ni je ni moi. La langue continuera à mettre en mots le monde. Dans les conversations autour d’une table de fête on ne sera qu’un prénom, de plus en plus sans visage, jusqu’à disparaître dans la masse anonyme d’une lointaine génération. »

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Edith Eger, The Choice. Even in hell hope can flower

Edith Eger, The Choice. Even in hell hope can flower

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“There is cruelty, there is violence, there is hate. But never in the history of humankind has there ever been a more scientific and systematic annihilation of people. I survived Hitler’s horrific death camps. Last night I slept in Joseph Goebbels’s bed. People ask me, how did you learn to overcome the past ? Overcome ? Overcome ? I haven’t overcome anything. Every beating, bombing, and selection line, every death, every column of smoke pushing skyward, every moment of terror when I thought it was the end — these live on in me, in my memories and my nightmares. The past isn’t gone. It isn’t transcended or excised. It lives on in me. But so does the perspective it has afforded me: that I lived to see freedom because I learned to forgive.”

 

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