Tayari Jones, An American Marriage

Tayari Jones, An American Marriage

“Sometimes it’s exhausting for me to simply walk into the house. I try and calm myself, remember that I’ve lived alone before. Sleeping by myself didn’t kill me then and will not kill me now. But this is what loss has taught me of love. Our house isn’t simply empty, our home has been emptied. Love makes a place in your body, rerouting all your blood vessels, throbbing right alongside your heart. When it’s gone, nothing is whole again. Before I met you, I was not lonely, but now I’m so lonely I talk to the walls and sing to the ceiling. They said you can’t receive mail for at least a month. Still, I’ll write to you every night.”

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Don DeLillo, L’Homme qui tombe (Falling Man)

Don DeLillo, L’Homme qui tombe (Falling Man)

« Ce n’était plus une rue mais un monde, un espace-temps de pluie de cendres et de presque nuit. Il marchait vers le nord dans les gravats et la boue et des gens le dépassaient en courant, avec des serviettes de toilette contre la figure ou des vestes par-dessus la tête. Ils pressaient des mouchoirs sur leur bouche. Ils avaient des chaussures à la main, qui le dépassait en courant. Ils couraient et ils tombaient, pour certains, désorientés et maladroits, avec les débris qui tombaient autour d’eux, et il y avait des gens qui se réfugiaient sous des voitures. […] Il entendit le bruit de la seconde chute, ou la sentit dans le tremblement de l’air, la tour nord qui s’écroulait, un effroi assourdi de voix au loin. C’était lui qui s’écroulait : la tour nord. »

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Laurent Mauvignier, Dans la foule

Laurent Mauvignier, Dans la foule

« […] dans l’ombre du tunnel il y a des silhouettes, je suis entré en suivant les policiers qui ont couru, on ne m’a rien dit, on ne m’a pas vu et j’ai entendu celui qui a crié, reculez, reculez, des spectateurs continuaient à sauter, le mur a bougé, c’est certain, le mur tremble, je recule, le mur s’effondre et avec lui on voit des yeux, des visages, des bouches, des épaules et des corps entiers et les premiers visages, le sang et la frayeur sur les visages, mais, est-ce que ce sont encore des visages ou les lambeaux d’une chair effrayée, battue, retournée,

            Mais que se passe-t-il ici, c’est la guerre ici, c’est la guerre, des images d’apocalypse ici »

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