L’écriture de l’événement du 11 septembre 2001 dans la littérature (Luc Lang, Don DeLillo, Fanny Taillandier)

L’écriture de l’événement du 11 septembre 2001 dans la littérature (Luc Lang, Don DeLillo, Fanny Taillandier)

Comme pour beaucoup d’étudiant.e.s, j’ai passé une grande partie du confinement à écrire et finaliser mon mémoire de recherche de master qui portait sur « L’écriture de l’événement du 11 septembre 2001 dans la littérature (Luc Lang, Don DeLillo, Fanny Taillandier) », et que j’ai soutenu vendredi 22 mai dernier. Mon corpus comprend deux textes français dont les auteurs sont témoins de l’événement via les images à la télévision (et donnent à lire l’événement à travers ce prisme), et un texte américain dont l’écriture est propulsée plus tard par une photographie : Luc Lang, 11 septembre mon amour (Stock, 2003), Don DeLillo, Falling Man [2007] (2011 Picador, L’homme qui tombe, trad. Marianne Véron, Actes Sud, 2008, coll. « Babel » 2010), Fanny Taillandier, Par les écrans du monde (Seuil, 2018). J’ai donc interrogé l’appropriation de l’événement du 11 septembre 2001 à partir de ces textes.

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Jérôme Ferrari & Oliver Rohe, A fendre le cœur le plus dur

Jérôme Ferrari & Oliver Rohe, A fendre le cœur le plus dur

« Mais la représentation photographique (sauf en cas de falsification pure et simple), si elle ne duplique pas le réel, en conserve la trace, même malgré elle, quand elle est utilisée à des fins de propagande. […] Le discours peut toujours enfouir les choses sous des couches rhétoriques jusqu’à les faire disparaître entièrement, les images ne peuvent que les montrer, fût-ce partiellement. Elles interdisent qu’on se réfugie plus longtemps dans une confortable abstraction. Sans voir les images, il est difficile, voire impossible, d’imaginer ce que cachent des expressions comme « maintien de la paix » ou « dommages collatéraux ». C’est pourquoi nous pouvons dire à Elizabeth Costello qu’elle a raison : certaines choses ne devraient pas exister. Mais puisqu’elles existent, il n’est peut-être pas plus obscène de prendre en compte leur réalité que de la nier. Ou pour le dire autrement : ces photos sont obscènes, c’est vrai, d’une obscénité telle que rien ne peut la racheter ; et c’est pour cela qu’il faut les montrer. »

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Tayari Jones, An American Marriage

Tayari Jones, An American Marriage

“Sometimes it’s exhausting for me to simply walk into the house. I try and calm myself, remember that I’ve lived alone before. Sleeping by myself didn’t kill me then and will not kill me now. But this is what loss has taught me of love. Our house isn’t simply empty, our home has been emptied. Love makes a place in your body, rerouting all your blood vessels, throbbing right alongside your heart. When it’s gone, nothing is whole again. Before I met you, I was not lonely, but now I’m so lonely I talk to the walls and sing to the ceiling. They said you can’t receive mail for at least a month. Still, I’ll write to you every night.”

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Don DeLillo, L’Homme qui tombe (Falling Man)

Don DeLillo, L’Homme qui tombe (Falling Man)

« Ce n’était plus une rue mais un monde, un espace-temps de pluie de cendres et de presque nuit. Il marchait vers le nord dans les gravats et la boue et des gens le dépassaient en courant, avec des serviettes de toilette contre la figure ou des vestes par-dessus la tête. Ils pressaient des mouchoirs sur leur bouche. Ils avaient des chaussures à la main, qui le dépassait en courant. Ils couraient et ils tombaient, pour certains, désorientés et maladroits, avec les débris qui tombaient autour d’eux, et il y avait des gens qui se réfugiaient sous des voitures. […] Il entendit le bruit de la seconde chute, ou la sentit dans le tremblement de l’air, la tour nord qui s’écroulait, un effroi assourdi de voix au loin. C’était lui qui s’écroulait : la tour nord. »

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