Jérôme Ferrari & Oliver Rohe, A fendre le cœur le plus dur

Jérôme Ferrari & Oliver Rohe, A fendre le cœur le plus dur

« Mais la représentation photographique (sauf en cas de falsification pure et simple), si elle ne duplique pas le réel, en conserve la trace, même malgré elle, quand elle est utilisée à des fins de propagande. […] Le discours peut toujours enfouir les choses sous des couches rhétoriques jusqu’à les faire disparaître entièrement, les images ne peuvent que les montrer, fût-ce partiellement. Elles interdisent qu’on se réfugie plus longtemps dans une confortable abstraction. Sans voir les images, il est difficile, voire impossible, d’imaginer ce que cachent des expressions comme « maintien de la paix » ou « dommages collatéraux ». C’est pourquoi nous pouvons dire à Elizabeth Costello qu’elle a raison : certaines choses ne devraient pas exister. Mais puisqu’elles existent, il n’est peut-être pas plus obscène de prendre en compte leur réalité que de la nier. Ou pour le dire autrement : ces photos sont obscènes, c’est vrai, d’une obscénité telle que rien ne peut la racheter ; et c’est pour cela qu’il faut les montrer. »

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