Josselin Guillois, Louvre

Josselin Guillois, Louvre

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« Je suis directeur d’un musée, mais maintenir des peintures accrochées aux murs, à la vue de tous, dans un lieu pensé pour exhiber, ça me rend malade, j’ai l’impression qu’elles sont aliénées, les savoir et les voir en parfaite sécurité, dans les meilleures conditions de conservation, ça amoindrit ma passion. Le musée nous pousse à célébrer une toile, et du coup ses trésors c’est comme une tyrannie de l’extase, on crée les conditions despotiques de l’admiration. Une fois entrés dans l’enceinte du Louvre les toiles se transforment en chefs-d’œuvre, elles deviennent des têtes de Méduse, tout est fait pour que le regardeur se trouve pétrifié de terreur et d’éblouissement, ça m’accable. Vous vous pâmerez devant Raphaël, ou vous n’y comprendrez rien : c’est ça que j’entends, c’est ça qu’intime le musée. Donc ce qui arrive en ce moment m’amuse un peu. »

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