Alexandre Labruffe, Chroniques d’une station-service

Alexandre Labruffe, Chroniques d’une station-service

« Dans les films, la station-service est essentielle : c’est souvent la clef, le pivot du récit. Apparaissant dans les premières scènes (Tchao Pantin, Bagdad Café, Paris, Texas, Le plein de super…), la station-service signe le début de l’aventure, des possibles, lance le début de l’histoire. Elle est l’aurore du récit. Son odeur, son cœur, son décor. Au commencement était la station-service. »

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Victor Jestin, La Chaleur

Victor Jestin, La Chaleur

 « Oscar est mort parce que je l’ai regardé mourir, sans bouger. Il est mort étranglé par les cordes d’une balançoire, comme les enfants dans les faits divers. Oscar n’était pas un enfant. On ne meurt pas comme cela sans le faire exprès, à dix-sept ans. On se serre le cou pour éprouver quelque chose. Peut-être cherchait-il une nouvelle façon de jouir. Après tout nous étions tous ici pour jouir. Quoi qu’il en soit, je n’ai pas bougé. Tout en a découlé. »

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Josselin Guillois, Louvre

Josselin Guillois, Louvre

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« Je suis directeur d’un musée, mais maintenir des peintures accrochées aux murs, à la vue de tous, dans un lieu pensé pour exhiber, ça me rend malade, j’ai l’impression qu’elles sont aliénées, les savoir et les voir en parfaite sécurité, dans les meilleures conditions de conservation, ça amoindrit ma passion. Le musée nous pousse à célébrer une toile, et du coup ses trésors c’est comme une tyrannie de l’extase, on crée les conditions despotiques de l’admiration. Une fois entrés dans l’enceinte du Louvre les toiles se transforment en chefs-d’œuvre, elles deviennent des têtes de Méduse, tout est fait pour que le regardeur se trouve pétrifié de terreur et d’éblouissement, ça m’accable. Vous vous pâmerez devant Raphaël, ou vous n’y comprendrez rien : c’est ça que j’entends, c’est ça qu’intime le musée. Donc ce qui arrive en ce moment m’amuse un peu. »

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Ça Raconte Sarah, Pauline Delabroy-Allard. Prix du roman des étudiants France Culture-Télérama 2019

Ça Raconte Sarah, Pauline Delabroy-Allard. Prix du roman des étudiants France Culture-Télérama 2019

dsc_0626« Ça raconte Sarah, sa beauté mystérieuse, son nez cassant de doux rapace, ses yeux comme des cailloux, verts, mais non, pas verts, ses yeux d’une couleur insolite, ses yeux de serpent aux paupières tombantes. Ça raconte Sarah la fougue, Sarah la passion, Sarah le soufre, ça raconte le moment précis où l’allumette craque, le moment précis où le bout de bois devient feu, où l’étincelle illumine la nuit, où du néant jaillit la brûlure. Ce moment précis et minuscule, un basculement d’une seconde à peine. Ça raconte Sarah, de symbole: S. »

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